Marie Louise Petiet
Limoux, 20 juillet 1854 - La Bezole, 16 avril 1893

Peintre

Plus connue sous le simple diminutif de Marie, la jeune enfant naît à Limoux le 20 juillet mille huit cent cinquante quatre, dans la maison familiale sise Rue des vieilles prisons, au numéro 33. Son père, Léopold Henry, propriétaire foncier, est âgé de trente cinq ans ; sa mère, Marie Pauline Eulalie Maraval, originaire de Carcassonne, de vingt-neuf ans seulement lorsqu’elle meurt, huit heures après la mise au monde de sa fillette.

Eulalie Juliette Marie-Louise Petiet, en partie orpheline de naissance, est encore privée de sa grand-mère alors qu’elle vient à peine d’avoir dix-huit mois.  Elle grandit au Château de La Bezole entourée des soins affectifs de son père et de son oncle Auguste, maire du village resté célibataire,  chez qui elle trouve un asile de paix.

En compagnie des deux hommes très liés, riches propriétaires de domaines viticoles, l’enfant connaît très tôt leur passion pour la peinture  et s’imprègne indubitablement en fréquentant l’atelier qu’ils ont fait aménager au second niveau de la grande tour.

Comme ils le font, mais plus laborieusement, avec semble-t-il quelques difficultés, elle va d’abord copier les œuvres de grands peintres du xviiie siècle des écoles françaises, italiennes, espagnoles et hollandaises, mais ses répliques, dont la plus ancienne connue date de 1872 ne présentent pas un réel intérêt artistique.

Sa main est par contre assurée, sa maîtrise nettement meilleure, étonnante même, lorsqu’elle reproduit sur ses premières toiles originales, le portrait de son père ; le sien en 1872 sur un tableau connu comme étant : « L’autoportrait au chevalet» ou bien en 1875 sur un autre appelé : « La Jeune châtelaine ».

Marie-Louise prend des leçons à Paris chez Hector Leroux, mais surtout chez le portraitiste réputé Jean-Jacques Henner, qui la confirme facilement dans son talent, principalement au cours des années 1877 à 1883, pendant les séjours qu’elle effectue dans la capitale.

Marie-Louise Petiet expose aux salons de Paris à partir de 1877 où elle envoie entre autres,  une « Mlle E.D.» ; en 1878, date où est peinte « La Cage vide», puis en 1879, 1880  et 1881. En 1882, elle présente une œuvre majeure, symbolique jusqu’au mystique : « Les Blanchisseuses », vers laquelle tous les regards convergent aujourd’hui au Musée de Limoux, ainsi que la « Petite bergère ».

C’est alors qu’elle demeure seule à Paris, dans le petit hôtel de l’impasse Herran, au 85, Rue de la Pompe - ses plus proches parents étant décédés - qu’elle fait la connaissance d’un artiste peintre. Elle épouse Charles Etienne Dujardin-Beaumetz dans cette ville le 4 février 1886 en présence de témoins de bonne lignée tel Hébrard, sénateur ; Weill, rentier ; Jean-Jacques Henner, son maître, artiste peintre, Officier de la Légion d’honneur et du général Charles Petiet.

La charmante et très vivante scène de « Guignol au village » a été réalisée après le mariage si l’on se réfère à la signature de l’artiste qui ne fait plus simplement mention du nom de jeune fille. Le Docteur Jacques Lemoine, croit reconnaître sur la toile, comme d’ailleurs Monsieur Lagarde, les enfants de La Bezole entourés de Mademoiselle Pic, sa camériste, et du valet de chambre Pierre Pédémas au port racé, domestique au château puis régisseur.

Le Salon des Artistes Français honore Marie-Louise Beaumetz-Petiet d’une médaille en 1887 pour : « Bartholo et Rosine », 1877.

Elle nous laisse aussi, parmi quelques quatre-vingts œuvres :  «Mathilde Gautié», 1874 ; «Italienne», 1875 ; «Autoportrait», 1875 ; «La Marchande de jambon», 1875 ; «Tricoteuse endormie», 1881 ; «La Liseuse», 1882 ; «La Jeune fille aux oies», 1885.

L’analyse que fait Madame Françoise Sarret, conservatrice du Musée de Limoux est judicieuse lorsqu’elle parle du talent de Marie-Louise : « Bien qu’elle possédât des aptitudes indéniables pour la peinture, celles-ci ne furent pas développées à leur juste mesure. Sa formation, auprès de grands maîtres parisiens, limitée à quelques séjours dans la capitale, fut insuffisante pour accroître toutes ses possibilités. Sa carrière n’en fut pas une et se cantonna à une heureuse passion. Cependant l’ensemble de l’œuvre de Marie Petiet ne laisse pas indifférent. L’authenticité et la fraîcheur du regard du peintre la gardent d’un mode conventionnel ou académique».

Madame Eulalie Juliette Marie-Louise Dujardin-Beaumetz est décédée au Château de la Bezole, le dimanche 16 avril 1893 à 22 heures, sans laisser de descendance, alors que son époux est Conseiller général, député de l’Aude en fonction. Un très beau monument funéraire domine sa tombe dans le modeste cimetière du village.

Gérard JEAN

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