Une chronique de Gérard JEAN

Ces femmes et ces hommes qui ont aimé Limoux

 

 Germain Célestin Édouard Fournié

Médecin - Chirurgien - Éminent spécialiste de l'organe vocal

Limoux (Aude), 4 mars 1833 - Paris, 2e arrondissement, 24 mars 1886.

Germain Célestin Édouard Fournié naît à Limoux (Aude), le 4 mars 1833, dans la maison de son aïeul maternel Louis Joly, sise rue Paussefile, section du Pacte Social. Son père, Jean François Fournié, qui est docteur en médecine, deviendra Inspecteur des eaux minérales d’Alet-les-Bains. Sa mère, Marie Célestine Joly, est issue d’une riche famille de notables.

Édouard s’initie à la médecine auprès de son père, puis il s’engage à vingt ans, le 23 janvier 1833, dans la marine impériale comme chirurgien auxiliaire. Il embarque sur le « Marengo » et, en 1854, il est envoyé en Crimée, où il soigne les cholériques, avant d’être lui-même atteint par cette redoutable maladie.

Il assiste au siège de Sébastopol ; sert comme chirurgien-major sur une corvette à vapeur : « le Caton » ; se trouve ensuite affecté, en 1855, à l’hôpital de Thérapia (Constantinople), au service des malades du typhus. Édouard Fournié, gravement contaminé, faillit en mourir. Rapatrié en France, il se fait réformer, quitte l’armée, et termine ses études médicales à l’université de Montpellier où il soutient, le 4 mars 1857, sa thèse inaugurale intitulée : Du typhus observé à l’hôpital maritime de Thérapia.       

Le docteur Fournié part exercer à Paris, dans le IIe arrondissement. Il se met à la disposition des sociétés de secours mutuels avant de s’attacher, en 1858, à la Société des jeunes apprentis. Il s’intéresse alors à la tuberculose qui décime à cette époque les rangs de la jeunesse. Persuadé que cette maladie se transmet par les poussières de l’atmosphère, il étudie les voies respiratoires humaines afin d’enrayer sa propagation.

L’étude du larynx, celle de la luette, vont le conduire à se préoccuper du fonctionnement de l’organe vocal dont il devient l’un des plus éminents spécialistes.

Affecté aux Invalides, il est nommé, le 16 mars 1867, médecin de l’Institut national des sourds-muets, où il doit faire carrière. Son pays est en guerre, c’est le siège de Paris ! En 1870-1871, Édouard Fournié est rappelé pour servir dans un régiment comme chirurgien-major. En 1879, il devient éditeur de la Revue médicale française et étrangère.   

 Le docteur Germain Célestin Édouard Fournié, avait abordé la physiologie du système nerveux, les localisations cérébrales, le domaine de la philosophie médicale ; ses études sur la voix et la parole commençaient à résonner dans la sphère médicale mondiale, lorsqu’il s’éteint à Paris, rue Louis-le-Grand, le 24 mars 1886. Il laisse veuve son épouse, Marie Julie Lenoir.  

On lui doit de nombreuses et fort intéressantes publications : Des rapports des médecins et des pharmaciens avec les sociétés de secours mutuels (1861) ; De la pénétration des corps pulvérulents, gazeux, solides et liquides dans les voies respiratoires au point de vue de l'hygiène et de la thérapeutique (1862) ; Étude pratique sur le laryngoscope et sur l'application des remèdes topiques dans les voies respiratoires (1863) ; Mémoire lu à l’Académie des Sciences, dans la séance du 11 avril, Physiologie de la voix (1864) ; Physiologie de la voix et de la parole (1866) ; Consultation médicale sur le choléra (1866) ; Physiologie et instruction du sourd-muet d'après la physiologie des divers langages (1868) ; Physiologie du système nerveux cérébro-spinal (1872) ; Recherches expérimentales sur le fonctionnement du cerveau (1873) ; Note lue à l’Académie de Médecine, le 4 août 1874, Physiologie et Instruction des sourds-muets  ; Essai de psychologie : la bête et l'homme (1877) ; Physiologie des sons de la voix et de la parole (1877) ; Application des sciences à la médecine (1878) ; Du rôle de la trompe d'Eustache dans la physiologie de l'audition (1880) ; Contribution à l'étude de l'emploi des métaux, de l'électricité et du magnétisme en médecine (1881) ; La trompe d'Eustache. Physiologie de la voix et la parole. Localisations cérébrales. Physiologie pathologique des hallucinations (1881) ; Ch. Darwin, étude critique (1882) ; Claude Bernard et la méthode expérimentale (1882). Avec son père, il avait publié en 1859 : De l'emploi thérapeutique de l'eau d'Alet.

©  Gérard JEAN

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